« Cher bureau, l’opération « Carlos Ghosn » (exfiltration secrète de matériel) a débuté. Nous avons transféré environ 1/4 voire un tiers des archives et bibliothèque vers le local de l’OMS. Évidemment c’est la bazar pour l’instant. Mardi nous irons démonter les armoires et aviser du réaménagement. Nous ne sommes pas inquiets.
Bon ok c’est cryptique, mais ça a longtemps été la base de la spéléologie. Il s’agit de la formule de la réaction qui, à partir des « cailloux » de carbure de calcium et d’eau, fournit de l’acétylène !
Aujourd’hui des batteries et des LEDs facilitent l’éclairage avec plus de lumière…
J’avais envie de tester l’acéto depuis un moment en conditions réelles et ce fut fait ce dimanche 16 février. Une petite dizaine de personnes réunies sous la pluie près de l’entrée de la Côtepatière, se mettant en tenue et ouvrait des bidons étanches de carbure, démêlant des tuyaux, versant de l’eau, et ça marche pas et c’est normal il faut attendre et… Et hop nous filons sous terre.
Au premier abord on se dit qu’on ne voit pas grand chose et c’est vrai qu’on voit pas grand chose ! Puis on se retrouve à plusieurs et là comme par magie on y voit bien ! L’éclairage n’est pas directionnel donc à plusieurs on pourrait se croire autour d’un feu.
Après quelques centaines de mètres premier arrêt technique, une lampe fonctionne mal, une fuite sur le tuyau !
Après quelques centaines d’autres mètres un atelier se met carrément en place près d’un petit gour. Couteau suisse, morceau de fil de fer, un bec bouché ou plutôt le coude sous le bec bouché puis à y être une seconde lampe passe entre les mains des mécanos.
Finalement tout le monde avait sa lumière.
Arrivé dans la partie mouillée de la cavités, un peu fatigués nous décidonc d’arrêter. Manu et moi continuons un peu et revenons retrouver le groupe, demi tour.
Sous la pluie nous nous changeons. Bon l’acéto c’est marrant, ça tient chaud, la lumière est chaleureuse mais on y voit pas des masses et niveau fiabilité c’est moyen. La prochaine fois on fera comme d’hab !
Un dimanche ensoleillé, du givre à 13h à Rochegude, des cyclistes… La température à laquelle un spéléologue cévenol s’épanouit se trouvant autour de 13°C nous avons décidé de nous plonger sous terre.
La grotte de la Toussaint est connue, topographiée, visitée et même presque vandalisée mais qu’y a-t-il au bout ? Au delà du bout ? Pelles, pied-de-biche, seaux et énergie musculaires sont les ingrédients de la découverte, la désobstruction !
En début d’après-midi nous pénétrons la cavité, Patrice ne la connaissant pas nous prenons notre temps pour aller jusqu’au front de taille. Je ne connaissais pas non plus cette partie profonde de la grotte.
Un tas de cailloux et de terre nous attend, un début de tunnel creusé à son sommet. A tour de rôle nous nous y glissons pour pelleter devant mais aussi dessous, à quoi bon creuser si c’est inaccessible.
Quand à mon tour je gratte et repousse derrière moi des kilos de terre foisonnante, pour le plaisir malgré la difficulté, avec une très bonne lampe et des camarades pour m’aider et me relayer je pense à mon grand-père, mineur, qui faisait la même chose contraint par la vie, une pauvre lampe sur la tête, respirant de la silice… Au front de taille.
Nous sommes 7, Manu, Cécile, Erwan, Manuella, Patrice, Vincent et moi. Il faut gratter et sortir la terre collante et les blocs de calcaire du tunnel, sortir tout ça et en faire un tas, élargir l’étroiture donnant accès à la salle (pour l’instant) terminale, aller jeter un coup d’oeil à la galerie adjacente et essayer de comprendre comment tout cela se ficelle, Vincent est un vrai mange-caillou, il frétille quand il n’est pas au bout. Remplir les seaux et les vider n’est pas une tâche moins physique, le perfo joue son rôle, la pelle américaine aussi, le pied-de-biche n’est pas en reste. Le plafond de blocs devient instable, des siècles d’équilibre sont rompus par nos outils.
Après 4 bonnes heures de travail nous laissons le chantier, les kits sont distribués, le retour s’amorce. Il fait nuit et froid quand nous franchissons le portail de la Toussaint. Je suis épuisé, c’est ma première vraie sortie spéléo depuis mes ennuis de genoux 7 mois auparavant, je suis épuisé. Tout le monde est fatigué mais heureux, nous avons avancé, la distance qui nous sépare du mystère est réduite d’autant.
La désob c’est un travail de longue haleine, d’années, d’une vie, de plusieurs vies, même. Ca peut devenir un peu de votre vie et c’est passionnant et excitant. On compte sur vous pour la prochaine session de désob à la Toussaint.
POINTS GPS : Données CDS30 DÉFINITIONS et TEXTES : de Wikipédia CARTE GOOGLEMAPS et mise en page : SCSP
Une exsurgence (du latin surgere qui signifie « se lever ») est l’exutoire d’écoulements souterrains qui proviennent de l’infiltration des eaux de pluies.
Ne pas confondre les mots « exsurgence » (avec un « s » après le « x ») et « exurgence ». Le mot « exurgence », souvent employé à tort, suggère une sortie d’eau « puissante » ou « avec force ». Le mot « exurgence » n’est qu’occasionnellement employé dans des textes spécialisés d’hydrographie. Il abonde, parfois d’une façon abusive, dans les rapports des spéléologues.
L’exsurgence se distingue de la résurgence (voir ci-dessous) dont les écoulements souterrains proviennent en partie de l’infiltration des eaux de pluies mais aussi d’un cours d’eau dont le parcours s’est d’abord fait en surface puis en profondeur à la suite d’une perte dans les cavités karstiques. L’émergence est quant à elle un exutoire dont l’origine n’est pas connue. Quelle que soit l’origine des écoulements souterrains, ces exutoires forment des sources dont l’eau provient d’un réseau hydrogéologique endogène d’un massif, généralement karstique. Il existe également des exsurgences marines.
Résurgence Une résurgence est une exsurgence alimentée en partie par au moins un cours d’eau de surface identifié dont une partie ou la totalité s’infiltre dans le sous-sol par une ou plusieurs pertes. Dès lors que la perte ou le réseau hydrographique de surface communicant a été mis en évidence par la visite ou la coloration, l’exsurgence devient une résurgence.
Puits artésien Un puits artésien est une exsurgence formant un puits où l’eau jaillit spontanément ou par forage. Ce phénomène a été mis en évidence pour la première fois par les moines de l’abbaye de Lillers, en Artois en 1126, d’où son nom.
Ce 8 octobre 2019,
une belle journée chaude nous accueille sur le plateau de Méjannes.
La grotte Claire est
au programme, grande classique du secteur.
Nous sommes quatre,
Magalie, Erwan, Kamel et Jean-Pierre.
Magalie et Kamel ne
connaissent pas cette traversée et vont découvrir tous ses
attraits.
L’entrée de
l’ARVA a été équipée d’échelons métalliques, et un
marche-pied en blocs de pierres favorise l’arrivée au plafond de
la première salle.
Le sol n’est pas
trop glissant en cette fin de sécheresse.
Nous suivons le
balisage jusqu’au P7, où Kamel teste sa première descente sur
corde.
Puis ressaut et
petits passages bas, où le gour habituel est vide, permettant un
ramping au sec.
La descente en main
courante nous amène rapidement à la grande salle, où nous ne
repérons pas de gaz carbonique, contrairement à certaines sorties.
La remontée en
escalade le long des mains courantes nous permet d’admirer au plus
près les très belles concrétions monumentales de cette cavité.
Nous arrivons à la
première tyrolienne, dont la pente est si faible que Magalie
n’arrivera pas ou bout et devra se tracter, petit poids oblige…
Kamel, lui, va expérimenter l’étroiture de sortie, qui reste
large mais oblige à se positionner correctement en travers du
conduit.
Photos : Magalie.
Puis les galeries
s’enchaînent avec un toboggan et l’on arrive à la deuxième
tyrolienne. Cette fois le câble est plus pentu, Magali n’aura plus
de problème mais Kamel fera un atterrissage un peu rude contre la
paroi… C’est le métier qui rentre !
L’amarrage de la
tyrolienne est très haut et le décrochage est un peu laborieux pour
les moins de 1,80.
La pédale est alors
bienvenue.
Plus que quelques
mètres avant de ressortir par le magnifique porche de la Grotte
Claire, et d’entamer la remontée vers les voitures, sans oublier
la récupération de la corde du P7 dont Erwan et Kamel se chargent
courageusement.
Organisé cette
année par le département du Gard, il a eut lieu à Camprieu les 7
et 8 septembre, tout proche de l’Aigoual..
Camprieu, enfin plus
exactement Saint-Sauveur-Camprieu, est célèbre car on y trouve le
réseau de Bramabiau, berceau de la spéléologie depuis la traversée
effectuée par Edouard-Alfred Martel et ses co-équipiers le 28 juin
1888. Entrés par la Perte du Bonheur (c’est le nom du ruisseau qui
se perd sous terre…), ils ressortirent à l’Abîme de Bramabiau
quelques centaines de mètres plus loin.
La spéléologie
était officiellement née !
Le rassemblement
caussenard, en terme de fréquentation, est le deuxième congrès
spéléologique en France après le congrès annuel fédéral de
Pentecôte. Il associe les quatre départements se partageant la
région des Grands Causses, qui organisent chacun à leur tour le
rassemblement : Aveyron, Gard, Hérault et Lozère.
Les visiteurs ont
été plus de 600 cette année, venant de toutes régions.
Il y avait une
vingtaine d’exposants, des expositions photos, des projections
vidéos, et bien sûr des cavités équipées, sans oublier un repas
de gala, un groupe musical rock, un bar et de la restauration rapide.
Et 600 personnes auraient fait la traversée de Bramabiau à cette
occasion…
En bonus, nous avons
vu passer les cavaliers et leurs montures, qui participaient aux
« 160 km de Florac », une course d’équitation en
endurance tout terrain apparemment très réputée.
Une équipe de
spéléos gardois s’est consacrée pendant 1 an à organiser cette
manifestation. Sur place dès le mercredi (et même avant pour
certains…), une trentaine de personnes ont œuvré sans compter
pour monter toute l’installation, et la démonter après.
La SCSP était bien
représentée dans cette équipe sur place : Cécile et Manu,
les plus impliqués depuis des mois ont abattu un énorme travail.
Ont également donné beaucoup de temps et d’énergie Jean-Louis,
Jean-Pierre (qui tenait aussi le stand de la CoMed), Manuella (à
l’accueil), Michel, Vincent.
Nous avons quand
même eu le temps de visiter l’Aven de Montjardin, où Jean-Louis a
repéré des traces de dinosaures au plafond de la première grande
salle, non signalées jusque là et confirmées par Michel. Il faut
quand même un œil exercé pour les voir, en éclairage rasant. Mais
une fois identifiées, tout paraît évident, même aux profanes…
Cet aven est court,
un P5 puis un P11 (départ un peu tordu, surtout pour la remontée…),
on arrive dans une grande salle déclive, légèrement concrétionnée,
aboutissant à un lac siphonnant. Notre visite s’est arrêtée là.
Une remontée d’une dizaine de mètres à équiper à droite permet
de shunter le lac et d’aller dans une deuxième grande salle en
rééquipant la descente.
Cet opus caussenard de 2019 a été un vrai succès, d’autant que
contrairement à celui organisé à Arre il y a 4 ans, submergé par
un violent épisode cévenol, le temps fût au rendez vous, froid et
venteux mais très beau et sans pluie.
Bon, maintenant on
est tranquilles pour 4 ans…, enfin disons 3… !